Auteur : Jane Rogers

Editeur : Presses de la Cité

Prix : 21 €

357 pages

Résumé (éditeur)

Quand les médias ont commencé à parler du virus, Jessie Lamb, seize ans, était davantage préoccupée par les disputes de ses parents. Mais les premiers décès, d’abord au lycée puis au sein de même de sa famille, ont eu raison de son indifférence. Impossible alors de nier la pandémie qui touche toutes les femmes enceintes et provoque leur mort.

Confrontée à l’imminence de son extinction, l’humanité n’est jamais apparue si divisée. Mais à quoi bon choisir entre partisans de l’apocalypse et scientifiques acharnés quand l’avenir semble déjà écrit ? Contre l’avis de tous, Jessie décide qu’elle peut changer les choses. Quitte à faire l’ultime sacrifice ….

Mon avis :

J’avais aperçu ce livre sur un ou deux blogs depuis déjà quelques mois. Je trouvais que le sujet était intéressant et prometteur. Je n’ai pas eu l’occasion de lire beaucoup de romans qui traitent de ce sujet de cette manière-là.

Le roman est raconté à la première personne. C’est Jessie Lamb qui parle. Le début de l’histoire nous plonge directement dans l’intrigue. Jessie décide d’écrire son histoire afin de faire comprendre au monde comment elle en est arrivée là.

Jessie vit dans un monde où toutes les femmes tombent malades et meurent dès qu’elles sont enceintes. Tout un protocole a été mis en place. En effet, la maladie ronge le cerveau des futures mères dès les permiers jours de la grossesse et les plongent dans d’atroces souffrances. Les femmes qui présentent les symptômes de la maladie sont emmenées loin de leur famille et sont euthanasiées. Aucune survie de la mère ou de l’enfant. Mais les scientifiques ont trouvé une solution : plonger dans le coma les femmes dès le début de la grossesse pour que l’enfant arrive à terme. La mère meurt mais l’enfant survit. Le seul problème, c’est que les chances de réussites sont plus élevées avec des femmes jeunes … voire très jeunes. Il faut aussi créer des embryons non porteurs des gènes de la maladie dans des laboratoires.

J’ai beaucoup aimé dans ce roman les questionnements que l’auteur nous fait découvrir. Les limites de la science et des usages qu’on peut en faire pour assurer la survie de l’humanité sont évoqués. Les manipulations de l’ADN, l’intrusion de la science dans le concept même de la procréation et surtout le droit de décider qui peut ou ne peut pas avoir d’enfant reviennent souvent dans le discours de Jessie. Mais surtout, ce qui est au centre de l’intrigue, c’est la question suivante : jusqu’où est-on prêt à aller pour avoir un enfant ? Est-ce qu'avoir un enfant est plus important que tout le reste ?

L’idée de départ est purement hypothétique mais j’ai bien aimé la manière dont l’auteure a développé son histoire. Diverses causes possibles sont proposées : une maladie créée par l’homme et répandue dans l’air délibérément pour détruire l’humanité, une maladie inventée par les hommes afin de soumettre les femmes ou encore une manière de réguler le nombre d’être humains sur la planète. A la fin du roman, il n’y a pas de réponse donnée. Au lecteur de décider quelle hypothèse est pour lui la plus plausible.

Je ne sais pas trop quoi penser du personnage de Jessie. A certains moments, elle m’a agacée alors qu’à d’autres, j’ai réellement apprécié ses actes et ses paroles. Je n’ai pas réussi à comprendre l’héroïne de ce roman mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ce roman. Le style de l’auteur est fluide et agréable à lire. Je ne me suis pas ennuyée même si la fin ne m’a pas étonnée. Je me doutais que l’histoire se terminait ainsi.

Le testament de Jessie Lamb est un roman d’anticipation/science-fiction/dystopie (à vous de choisir le terme qui vous convient) de bonne qualité qu’on lit très facilement et qui nous pousse à nous poser des questions sur l’avenir de l’humanité.