Auteur : Catherine Solé

Editeur : Ecole des loisirs

Prix : 12.80 €

124 pages

Résumé (éditeur) :

L’ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd’hui, cette théorie est le principe d’un nouveau jeu de téléréalité : La pyramide des besoins humains.

Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n’en restera plus qu’un.

Et moi dans tout ça ? Disons que je m’appelle Christopher Scott. Disons que j’ai dix-huit ans. Que j’habite sur un morceau de carton, dans la rue, à Londres. Enfin, peut importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat n°12 778. Je n’existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu’un, et même quelqu’un de célèbre. Et c’est bien ça le pire.

Mon avis :

Christopher, un jeune homme de 17 ans,  vit dans la rue depuis qu’il a fui les coups de son père. Il entre un jour dans un magasin d’informatique pour se réchauffer et tombe sur une affiche pour un jeu de téléréalité basé sur la pyramide des besoins de Maslow qui comprend cinq strates (les besoins physiologiques, la sécurité, l’amour, la reconnaissance et l’accomplissement de soi), soit cinq étapes à passer pour remporter le jeu. Pour y participer, il suffit de se créer un profil sur Internet et de l’alimenter pour pousser les gens à voter pour lui.

J’ai trouvé ce très court roman pour adolescent très intéressant sur plusieurs points. Tout d’abord, l’histoire évoque la dureté de la vie de sans-abri et les dangers de la rue lorsqu’on n’a que 17 ans. Christopher peut compter sur son ami Jimmy mais il n’en est pas moins entouré de gens inquiétants, de prostituées, de descentes de flics.

Ensuite, l’auteure mène une réflexion intelligente sur la téléréalité, omniprésente sur nos écrans et sur ses dérives. Il n’y a plus aucune limite dans ce que l’on est prêt à montrer, tant que ça garantie la victoire. « Ils mettent en scène leur intimité, en essayant de frapper plus fort que les autres concurrents ». Je trouve que cette phrase tirée du roman résume parfaitement ce phénomène.

 Enfin, Catherine Solé aborde la tendance actuelle de s’afficher sur Internet, à grands renfort de selfies et autres photos, de commentaires ou de « J’aime », cette tendance à ne montrer que ce que l’on veut que les autres voient pour leur montrer que l’on est plus heureux qu’eux. Le roman est une critique de la mise en valeur à outrance, du besoin grandissant et inquiétant de toujours faire mieux que le voisin et du besoin de reconnaissance.